Les dépenses pré-engagées : un poids dans le pouvoir d’achat

Les dépenses pré-engagées : un poids dans le pouvoir d’achat

Le 1er février dernier, tout juste 65 ans après le célèbre appel radiophonique de l’Abbé Pierre, la fondation qui porte son nom a présenté son 24ème rapport annuel sur l’état du mal-logement. 
Parmi tous les sujets évoqués, un est particulièrement d’actualité en ces temps de mobilisations sociales : la forte part des dépenses pré-engagées dans le budget des français.

Elles correspondent aux dépenses contraintes, celles qui sont engagées dès que commence le mois : assurances, services financiers, cantines, abonnements, télécommunications, et surtout logement (loyers, emprunts et charges). La part des dépenses pré-engagées dans le revenu disponible des ménages est d’autant plus forte que leur niveau de vie est faible : elle passe de 61 % pour les ménages pauvres à 23 % pour les ménages aisés (39 % pour les ménages modestes et 31 % pour les classes moyennes). 
Depuis des années, ces dépenses ne cessent d’augmenter. La part du logement dans le budget des ménages a ainsi été multipliée par 2,4 en 57 ans. 

 
Plus que jamais, les Hlm et les aides au logement doivent être renforcés.  Malheureusement, les dernières mesures gouvernementales ne vont pas dans ce sens. À terme la RLS (réduction de loyer de solidarité) amputera les deux tiers de l’autofinancement des bailleurs sociaux (de 2,2 milliards d’euros en 2016, il passera à 720 millions en 2020), réduisant à peau de chagrin les fonds propres nécessaires à l’investissement. Quant aux APL, il est prévu une coupe de 4 milliards d’euros par an à partir de 2020, dont 2,5 milliards supportés directement par les ménages. Ces économies pour les budgets publics viennent évidemment augmenter le poids des dépenses contraintes et réduire d’autant la capacité des familles à faire face à d’autres dépenses.

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